La thérapeute

  • Isabelle HUILIE
  • Musicotherapie en lorraine

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Elle consiste en une utilisation judicieuse de la musique comme outil thérapeutique de base, pour rétablir, maintenir ou améliorer la santé mentale, physique et émotionnelle d'une personne.

Elle résulte de l'interaction entre le patient, la musique et le musicothérapeute. Parler de musicothérapie, c'est parler de communication.


  petite video, extraite de Musicophilia d'Olivier Sacks

 

 

À QUI LA MUSICOTHÉRAPIE S'ADRESSE- T- ELLE ?

 

  • Aux enfants: agitation, difficultés de concentration, problèmes de communication, problèmes d'adaptation, de mémoire, d'agressivité, développer ses potentialités, renforcer la sécurité et la confiance ;

  • Aux personnes souffrant de problèmes psychologiques: problèmes de traumatismes, dépressions, angoisses, anxiété ;

  • Aux personnes ayant des problèmes médicaux: soutien dans des suivis de cures contre l'alcoolisme, la drogue, pour les problèmes psychomoteurs, spasmophilie, anorexie/ boulimie, démences, polyhandicap, coma éveillé (LIS), traumatismes crâniens ;

  • Aux relations parents/enfants: restaurer ou mettre en place une relation affective, recouvrer la communication.

 

Elle peut également intervenir pour:

  • Du développement personnel: communication, créativité, gestion du stress, préparation aux examens ;

  • De la prévention: rééquilibrage énergétique.

 

 

Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 16:29

Les mercredi de 17h30 à 18h30

 

Atelier de groupe où durant une heure, je vous propose de travailler sur la vibration , l'expression par et/ou avec les instruments.


Cette démarche permet d'exprimer ses émotions, de (re)trouver son bien-être, de se détendre.

Tarif: 20€ / séance


Pour plus de renseignements et/ou pour vous inscrire, téléphonez-moi au 06 01 91 48 95, ou envoyez-moi un mail via le blog.

Publié dans : Le cabinet - Par Isabelle HUILIE
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 09:25

 

 

Madame Valérie SUSSET, rédactrice dans le supplément de l'Est Républicain, a écrit un article sur les massages sonores :

 article-SUSSET.png

Publié dans : Articles de presse - Par Isabelle HUILIE
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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 17:54

Je suis infirmier à l’hôpital de jour de Maxéville, j’y travaille depuis 8 ans, avec des enfants âgés de 3 à 13 ans. Je termine une formation de musicothérapeute et je travaille en utilisant différents médiateurs thérapeutiques (argile, arts plastiques, poney,…).

En décembre dernier, Mme HOUOT (cadre de santé) et Martine PARIS (infirmière et éducatrice) m’ont proposé d’intervenir en prison, pour travailler le lien mère-bébé dans le cadre d’un atelier utilisant la musique.

C’est un projet que j’ai rapidement accepté, motivé par le fait que je n’avais jamais travaillé avec des nourrissons, ni , dans le cadre d’un atelier thérapeutique, avec les parents et les enfants en même temps.

Le cadre particulier de la prison m’intéressait également. Tout comme l’hôpital de jour se trouve au cœur de la cité pour faciliter l’accès au soin, il s’agissait pour moi d’une étape supplémentaire en ce sens : se déplacer, apporter du soin « au plus près du besoin ».

 

Mon inexpérience en la matière et le fait que les rencontres aient débutées depuis peu seront le fil conducteur de mon intervention, je ne parlerai pas de bilan, n’en tirerai pas de conclusion, je vais essayer de partager avec vous les différentes phases par lesquelles je suis passé dans ma réflexion, nos échanges avec Martine et ce que nous avons réussi à mettre en place jusqu’ici.

 

Ce projet s’est donc concrétisé et depuis 3 mois (début janvier) avec Martine, nous nous rendons tous les vendredis après-midi à la nurserie du quartier femme pour une rencontre de 45 minutes avec des mamans et leur bébé ou de futures mamans (une maman enceinte, presque à terme et qui a été invitée à participer au groupe).

Ces enfants en très bas âge sont comme « nés en prison », c’est leur environnement. Quand on travaille en pédopsychiatrie, on mesure combien les premier mois de la vie impactent le développement futur de l’enfant, de l’adulte en devenir.

Pour le moment, nous avons suivi un bébé de 3 mois qui est sorti avec sa maman en février. Nous avons également accueilli à deux reprises une future maman (qui est sortie en mars).

Il s’agit donc d’un travail de groupe avec deux ou trois mamans et leurs bébés.

Au fil des mois, le travail s’étant principalement déroulé avec une maman et son bébé (que j’appellerai Archibald pour aujourd’hui), actuellement âgé de 10 mois, (la maman étant incarcérée pour encore un an), je me concentrerai plus sur leur situation au cours de cette intervention.

 

Ces rencontres participent d’un travail de prévention, il n’y a pas à la base de trouble repéré chez les enfants que nous rencontrons, pas de retard de développement. L’équipe du CATTP de Maxéville avait été alertée du comportement brusque de la maman d’Archibald avec son fils, ce qui avait motivé la mise en place de rencontres une fois par semaine.

L’idée d’une seconde rencontre hebdomadaire utilisant un médiateur thérapeutique, en l’occurrence la musique, est venue pour intensifier le travail déjà mis en place.

 

 

Je me suis retrouvé ainsi face à deux questions :

 

- Que puis-je impulser, mettre en place pour travailler la relation mère enfant et surtout qu’y a-t-il à travailler ?

- Comment mettre en place un atelier thérapeutique dans le cadre particulier de la prison ?

 

 

Avant d’apporter quelques éléments de réflexion concernant ces questions, je vais évoquer plus globalement le contexte.

 

Tout d’abord, avant de me retrouver en situation, face aux mamans et aux bébés (et même au moment où j’ai accepté le projet), je n’avais pas réalisé, ni même imaginé que des bébés, âgés de moins de 18 mois et en l’occurrence de 3 et 8 mois pour ceux que nous rencontrions en janvier, pouvaient vivre en prison, un environnement qui n’est pas à la base pensé pour accueillir un bébé. Et encore moins ce que cela impliquait.

 

 

Cet environnement quel est-il justement ? (en tout cas ce que j’ai pu en percevoir jusqu’ici).

Il y a deux cellules aménagées pour accueillir au maximum deux mamans et leur bébé, en face desquelles se trouve la nurserie, une pièce relativement spacieuse (superficie de deux cellules à peu près) dans laquelle se trouvent un poste pour écouter de la musique, quelques jouets, des tapis, quelques chaises pour enfant. C’est dans cette pièce que s’est déroulée la majeure partie de nos rencontres.

Se pose la question de ce qu’est ce lieu de rencontre, ce qu’il peut représenter : ce n’est pas un lieu de soin, ce n’est pas un lieu neutre, ce n’est pas le domicile des personnes que l’on rencontre… c’est un lieu connoté, avec lequel il va bien falloir faire pour construire quelque chose.

 

L’environnement, c’est également que ces mamans peuvent rester avec leur bébé jusque l’âge de 18 mois. Après..

Et quand je dis rester, c’est rester quasiment 24h sur 24 avec leur enfant. Car les gardiens de prison ne sont pas autorisés à toucher les enfants ou à jouer le rôle de tiers, ils doivent garder une distance assez grande, ne pas s’impliquer.

A titre d’exemple et pour illustrer cela, je citerai une scène dont j’ai été témoin : une maman qui venait en visite avec son bébé de quelques mois devait retirer ses bottes car celles-ci sonnaient lorsqu’elle passait dans le portique de sécurité. Elle portait son bébé dans les bras. Il n’y avait aucun endroit pour le poser de manière sécurisée. La gardienne l’a informée qu’elle ne pouvait pas prendre son bébé le temps qu’elle retire ses bottes, qu’elle n’en avait pas le droit. La maman essayait donc de retirer ses bottes en ne pouvant rester en équilibre, ce qui devenait peu rassurant pour le bébé. Au final s’est Martine qui s’est proposée pour le lui tenir.

 

Quand les mamans doivent s’absenter, elles doivent donc confier leur enfant à une co-détenue ou, s’il y en a, à des bénévoles.

Si on part du principe que ces mamans sont incarcérées car elles sont en difficulté, que la prison (enfermement, isolement, symbolique…) implique également d’autres difficultés, on demande donc à ces mamans d’être 24h /24, 7jours/7, disponibles pour leur enfant… ce qu’on ne demande pas à une maman en dehors de la prison.

Pour illustrer jusqu’où cet enfermement peut poser question, il faut savoir que ces mamans regagnent leurs cellules à 17h30 et sont enfermées jusqu’au matin. La nuit, les gardiens n’ont pas la clé pour ouvrir les cellules (sans doute pour des raisons de sécurité), celle-ci est confiée à leur supérieur, qu’il faut donc contacter en cas de besoin. C’est une organisation que les mamans connaissent, qui suscite en elles des questionnements (comment cela se passerait-il en cas d’urgence…). C’est aussi une longue période d’enfermement en face à face avec leur nourrisson, sans possibilité de « fuite », d’échappatoire, de prise de distance si besoin…

 

Archibald connaît donc pour le moment : une maman qui reste quasiment tout le temps avec lui, des gardiens/gardiennes qui auraient sans doute envie de l’approcher et de lui faire des sourires mais qui doivent se restreindre du fait de leur travail, quelques personnes du milieu pénitentiaire et du milieu médical…

Il a été accueilli une fois en crèche, l’expérience s’est plutôt bien passée. Sa maman est demandeuse, elle est consciente de l’intérêt pour Archibald comme pour elle. La demande a été faite, le projet devrait aboutir, mais celui-ci évolue au rythme des autorisations qui sont parfois longues à obtenir.

 

C’est donc dans ce contexte que se déroulent nos rencontres.

 

 

Tout d’abord, travailler en prison demande à mon sens de repenser le cadre.

 

Concernant le matériel que j’amène pour travailler, il faut déclarer à l’avance ce que l’on souhaite faire entrer. Cela n’a, très franchement, pas posé de difficulté au niveau institutionnel, reste qu’on ne peut pas tout emmener et qu’il faut donc choisir des objets avec lesquels il sera le plus simple de rebondir et de s’adapter. J’utilise donc des CD, quelques instruments (guitare, xylophones, maracas qui font penser aux hochets,…) des foulards et tissus, des ballons de baudruche, un matériel relativement simple qui puisse permettre les projections et être investi de manières diverses.

 

Pour un entretien infirmier ou un atelier thérapeutique, un des premiers éléments constitutifs du cadre réside dans la confidentialité. Et celle-ci s’obtient généralement par le fait que les rencontres se déroulent dans un endroit clos, à la discrétion des yeux et des oreilles du monde extérieur, comme une bulle en dehors du temps et du monde pour permettre aux personnes de se poser et de progressivement pouvoir parler d’elles.

Or, le milieu carcéral est déjà un lieu en dehors du temps et du monde. La plupart du temps, les portes des cellules des mamans viennent juste d’être ouvertes quand nous arrivons : il parait donc délicat de leur demander d’emblée de rentrer dans une pièce et de fermer la porte derrière elles.

Concernant cette confidentialité, il faut reconnaître au personnel de la prison un respect assez général de ce moment, il y a rarement des intrusions dans le groupe.

 

Ce que j’ai découvert également au fil des rencontres, c’est que non seulement on demande à ces mamans d’être en permanence avec leur enfant, mais que planent également des représentations de ce que doit être une maman et de comment doit se comporter un bébé, représentations qui ne correspondent pas forcément avec celles du monde « hors-prison ».

Ainsi il semble qu’on reproche aux mamans de s’éloigner ne serait-ce qu’un peu de leur enfant, on trouve étrange qu’un bébé pleure, qu’une réponse ne lui soit pas apportée immédiatement… tout ce qui constitue l’espace transitionnel, le concept de la mère « suffisamment bonne » chers à Winnicott,… ce qui permet au bébé de se construire en dehors de sa mère comme un être à part entière semble pointé comme un défaut de soin.

C’est comme si une maman incarcérée, puisqu’elle a fauté, perdait toute crédibilité, toute capacité, qu’elle était de toute façon d’abord suspecte. Pas de bénéfice du doute. Le milieu carcéral se veut facilement infantilisant par son rythme, ce qui ne facilite par forcément l’entrée dans la parentalité, faite d’empathie, de responsabilité, de créativité… de l’instauration d’une relation porteuse qui permet à l’enfant d’être suffisamment rassuré pour faire ses expériences et se construire peu à peu.

 

Il y a donc, d’emblée chez ces mamans, un type de relation particulier qui s’instaure : prouver absolument qu’elles sont bonnes mères (pas des super-mamans, mais des hyper-mamans). Nous semblons être perçus comme ceux à qui il faut prouver cela. Ce qui ne facilite pas l’authenticité dans la relation… car élever un enfant c’est aussi, parfois, difficile. Encore faut-il s’accorder le droit de pouvoir le dire. Car le risque, en cas contraire, pourrait être l’accumulation de fatigue et de stress, voire le passage à l’acte auto ou hétéro agressif.

 

 

Comment mettre en place une relation thérapeutique dans ces conditions ?

Tout d’abord en essayant d’abord de suivre ces mamans, d’instiller progressivement le cadre.

Ainsi lors des premières rencontres, la porte restait ouverte, la maman d’Archibald faisait de nombreuses allées et venues allant chercher à manger, de quoi le changer, elle ne pouvait pas rester en place. Quand son corps à elle se posait, c’est Archibald qu’elle mobilisait de manière très (trop) tonique, toujours dans le mouvement, ne pouvant rester plus de quelques secondes sur une tâche. Ainsi elle était soit avec Archibald en le sur-stimulant, soit elle le laissait sans forcément le prévenir, dans une sorte de relation que je caricaturerais comme « fusion-rejet », même si cela n’était pas aussi simple.

Au début elle utilisait le corps de son fils, notamment les mains, pour jouer des instruments comme si c’était elle qui le faisait, sans prendre en compte la différence de tonus, sa plus grande fragilité...

Ainsi elle ne faisait pas trop attention quand il y avait des parties métalliques ou dures sur les instruments, un peu comme si Archibald était un intermédiaire indolore entre elle et l’instrument.

 

Son esprit était également agité, le débit de parole rapide. C’est une maman avec un problème de toxicomanie, sous traitement substitutif.

Au cours de nos premières rencontres elle semblait ne pouvoir qu’à de très rares moment être en empathie avec son fils. Elle semblait vouloir nous prouver des choses dans un maternage « matériel » excessif, où Archibald devenait l’objet de nombreuses projections. Parfois, c’était comme si elle le voyait plus grand que son âge, déjà adolescent et fort, capable de protéger maman. Parfois il devenait le déversoir des tensions, l’objet persécuteur qui fait exprès de régurgiter pour l’embêter, alors qu’elle venait de le mobiliser juste après qu’il vienne de manger, ne faisant pas le lien entre sa propre agitation (qu’elle ne percevait sans doute pas) et ses conséquences sur Archibald.

Elle avait beaucoup de mal à protéger Archibald de ses propres affects : il devenait ainsi souvent « la substance qui soulage », n’existant que pour lui permettre de supporter la solitude, par exemple, ou comme un doudou qui rassure quand la prison et ses bruits étranges lui faisaient peur.

Les conseils ou les renvois que l’on pouvait faire étaient sur le moment perçus comme une agression, dont elle se défendait en verbalisant clairement que c’était elle la mère et qu’elle savait ce qui était bon pour son fils.

 

Il me semblait donc important de pouvoir travailler tout cela : le rapport de la maman à son propre corps (car comment peut-elle respecter celui d’Archibald si elle ne peut pas le faire sur elle-même), trouver un moyen pour que cette maman réussisse à se poser, lui permettre d’exprimer de manière acceptable ses affects (même les agressifs !) envers Archibald, lui permettre de développer sa créativité (car il en faut beaucoup pour s’occuper d’un nourrisson) ce qui allait de pair avec un travail de renarcissisation en tant qu’individu et en tant que mère…

 

Pour tout cela il fallait que la confiance s’installe petit à petit.

 

Les premières rencontres n’ont d’abord pas du tout été directives. Je proposais aux mamans divers instruments ou matériel, à certains moments, je devenais même parfois leur instrument (par exemple si elles me demandaient de jouer d’un instrument, je le faisais), elles demandaient je m’exécutais (les demandes étaient acceptables), une façon pour elles de reprendre la main dans un milieu où on leur demande exactement le contraire.

 

La parole s’est alors peu à peu libérée. Un travail autour des souvenirs a pu ainsi se mettre en place, la maman d’Archibald évoquant ainsi les moments difficiles de sa vie, mais également les moments heureux et agréables, comme par exemple des sorties autour d’un étang. Cette proximité d’un milieu aquatique sera un des fils conducteurs de nos rencontres.

 

Elle a ainsi pu se raconter à son fils, se remettre dans une posture d’individu pensant, avec un passé, des envies, un futur,… une personne. Une façon de se réapproprier sans doute une part de contrôle sur sa propre vie, à un moment où cela est difficile.

Alors comment se raconter ? Au départ, les mots étaient parfois très crus, sans filtre pour Archibald. Nous avons alors travaillé autour de ces mots.

 

Spontanément elle utilisait des mots doux pour Archibald : « bandit », « crapule »,… nous lui avons alors fait remarquer que ceux-ci étaient connotés.

Elle nous a alors expliqué que c’était les mots qu’on lui avait dit quand elle était enfant, en foyer notamment, qu’elle n’en connaissait pas d’autres, que pour elle c’était normal, affectueux, qu’il existait un décalage entre ce qu’elle voulait transmettre à Archibald quand elle lui disait cela et la perception que le monde extérieur pouvait en avoir. Chacun ses références, elle ne peut construire la relation avec son fils, qu’à partir de ses propres expériences.

 

Nous lui avons alors suggéré qu’une autre voie était peut être possible. Nous lui avons donc proposé de trouver des synonymes, des autres mots qui voudraient dire la même chose pour elle et qui seraient doux à entendre pour le monde extérieur : une capacité à se réinventer.

Se réinventer, se donner la possibilité de changer pour pouvoir inventer pour Archibald, imaginer, l’imaginer pour lui-même, ne pas être dans la reproduction, le copier-coller.

 

Cette conception particulière de la « douceur des mots » pour la maman allait de pair avec sa « douceur » corporelle, souvent braque avec Archibald.

 

La semaine suivante, elle avait non seulement réussi à trouver des « autres mots » plus doux, mais en a même fait un petit poème de quatre lignes. Des mots qui pour le coup parlaient vraiment de douceur, d’amour. Je lui ai proposé de jouer de la guitare sur ce poème et c’est alors devenu une chanson. Au fil des semaines, elle a rajouté des strophes, a modifié ce qui ne lui plaisait plus, affinant ce qu’elle voulait dire et voulait pour Archibald. Elle montrait une grande fierté de lui avoir fait cette chanson, nous l’avons beaucoup valorisée pour cela (ce qui me semble tout à fait justifié).

Dans le même temps elle a pu prendre Archibald quelques minutes de manière très posée, en face à face, le berçant tout doucement, ce que je ne l’avais pas vu faire jusqu’ici.

 

Les paroles de la chanson évoquent notamment une envie d’ailleurs pour Archibald, qu’il voit autre chose.

 

Nous avons alors rebondi là dessus sur deux séances, une première où les mamans devaient choisir une chanson pour leur enfant : la maman d’Archibald a choisi LAISSE PAS TRAINER TON FILS de NTM. Elle a également été sensible au choix de l’autre maman qui était UNE CHANSON DOUCE de HENRI SALVADOR et a été capable pour la première fois de s’allonger pendant 10 minutes, de détendre ce corps si souvent tendu, de se relâcher, à coté d’Archibald. C’est la première fois que nous avons pu la voir être avec son fils, tout en l’oubliant un peu (les deux étant plutôt calmes), rassurée à la fois qu’il ne lui arrivera rien et qu’on ne lui reprochera rien.

 

La deuxième séance nous avons proposé aux mamans de choisir une musique pour elles-mêmes. Et cela a été plus difficile : pour la maman d’Archibald tous les choix proposés n’étaient pas satisfaisants, voire parfois angoissants. De manière défensive, Archibald a été investi, déguisé en fille à l’aide des foulards et tissus qui étaient proposés, les deux mamans le faisant danser, dans une première partie de la séance, un peu comme si le message était « surtout pas nous, vite cachons nous, protégeons nous derrière Archibald ». Dans la deuxième partie de la séance, la maman d’Archibald a enfin réussi à le laisser partir de lui-même, faire ses expériences, sans le ramener systématiquement à elle, en réussissant à l’encourager, à lui faire un petit peu confiance, à s’émerveiller devant les progrès de son fils.

 

Lors des dernières rencontres, la maman d’Archibald a su nous utiliser pour prendre des décisions, pour faire vivre des expériences à son fils.

Le temps étant plutôt clément, elle s’est installée dehors (il y a une petite aire de jeu). Elle a eu l’idée de faire prendre un bain en extérieur à Archibald, en mettant tout en place de manière très adaptée (température de l’eau, gestes, jeu,…) affichant un visage épanoui qu’on ne lui connaissait pas jusqu’ici. Nous avons agrémenté les jeux de bruits de grenouilles, de chansons illustrant ce qu’il se passait. Le « bon souvenir » de l’étang, pouvait en quelque sorte devenir réel, dans le jeu, autour d’une baignoire.

Alors qu’elle avait tendance à s’emporter quand on lui faisait des remarques sur sa façon de faire avec Archibald, elle a montré des capacités à prendre sur elle et à protéger Archibald de ses affects (sans doute plus rassurée actuellement sur ses capacités de « bonne mère », et donc plus en capacité de se défendre de manière adaptée et moins ébranlée par ce qu’on peut lui dire).

 

La maman nous a alors expliqué qu’elle profitait de notre venue pour mettre cela en place, car elle se souciait des réactions des gardiens si elle le faisait seule. Il plane toujours au dessus d’elle une suspicion quant à sa capacité à s’occuper d’Archibald, de ses décisions. On entend parler de signalement pour maltraitance (notamment d’après les déclarations d’une co-détenue qui semble plus projeter ainsi sa propre problématique). Cela reste bien-sûr possible, nous ne sommes pas en permanence avec Archibald et sa maman, ce n’est en tout cas pas ce que nous percevons au cours de nos rencontres.

Le travail continue ainsi, semaine après semaine, nous ne savons pas si Archibald sera encore avec sa maman la semaine suivante.

 

Il nous semble qu’un travail sur la continuité s’opère au cours de nos rencontres (face à cette « rupture de continuité » que peut représenter la prison dans la vie de ces mamans), repenser au passé, penser le présent, imaginer le futur,… tant de notions indispensables quand on élève un enfant. Même s’il reste beaucoup de travail, c’est une maman qui nous évoque le mot « transformation », et ce n’est une mince avancée.

 

De manière plus anecdotique, mais néanmoins intéressante, notre venue (avec des instruments de musique) intrigue le cadre pénitentiaire. Quand les gardiennes nous voient arriver, parfois elles se questionnent, si elles nous on déjà vus elles commentent souvent « c’est la musique pour les bébés ». Certains gardiens demandent même la guitare pour jouer, ce que j’accepte la plupart du temps. Lors d’une des rencontres, on a pu, ainsi, écouter une gardienne jouer STAND BY ME à une des ses collègues (qui habituellement était peu souriante et le visage fermé, et qui pour une fois s’est autorisée à sourire).

 

 

 

S. ROUSSERY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Isabelle HUILIE
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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 17:36

Le Parc des Expositions de Metz vous invite à découvrir la 13ème édition du salon Tout Nature du 27 au 29 avril. Plus de 130 exposants vous accueillent pour vous faire découvrir leurs produits. Les grands secteurs représentés sont :

  • L'alimentation
  • L'habitat sain
  • L'hygiène et la beauté
  • Le bien être, la santé, les loisirs et la détente
  • Le commerce équitable
  • Le tourisme vert et solidaire
  • Le développement durable

Tout'Nature est une invitation à la sérénité pour remédier à la fatigue, aux allergies, au stress, en offrant aussi bien aux novices qu'aux connaisseurs une occasion exceptionnelle de se ressourcer.

 

nous participerons à ce salon, pour faire découvrir notre métier, et notamment le massage vibratoire avec les bols tibétains.

Nous aurons un stand (n°47) et Isabelle Hulié fera une conférence sur les massages sonores et vibratoires.

Informations pratiques :

  • Horaires
    27 avril : 11h
    20h / 28 avril : 10h - 20h
    29 avril : 10h - 19h
  • Tarif
    5.50 €
    Gratuit jusqu’à 12 ans
    Tarif réduit : 3.50 €
Publié dans : communautés - Par Isabelle HUILIE
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 17:02

Source de l'article: Psychodoc.free

 

La voix est l'outil de développement personnel idéal.  

 

Le sujet développe ses potentialités, libère ses tensions :  

  • enracinement (confiance en soi)  
  • respiration naturelle, diaphragmatique : ventre (réhabilitation de l'instinctif), ouverture et détente du thorax (tensions émotionnelles), respiration sous claviculaire (intellectuelle, respîration dorsale (libération des tensions).  
  • détente épaules-nuque-cou, ouverture de la gorge (musculature relationnelle)  
  • détente du visage (tensions intellectuelles)  
  • ...  

 

L'individu apprend à occuper l'espace avec sa voix. A émettre et à recevoir. A trouver le terrain d'un juste dialogue, d'une communication pleine et entière.


http://psychodoc.free.fr/etrevocal5.gif

Par Isabelle HUILIE
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 16:56

source: Musicothéarpie - Présentation

 

 

Les sensations et informations reçues de manière corporelles, peuvent alors être mesurées, classée, analysées (cerveau gauche). Cet effort provoque en général moins de difficultés, l’être humain moderne, plus particulièrement sa branche masculine étant un «hypertrophié» du cerveau gauche. Logique, raison, analyse convertissent le ressenti, le nomment, le matérialisent et le transforment en système logique. Cette construction par l’esprit de ressentis corporels devient un automatisme et pourra être réutilisé.  
 

L’apprentissage du rythme ne se limite pas à un entraînement bilatéral du cerveau, mais les difficultés rythmiques se résument souvent à une utilisation non appropriée de ces qualités réceptives et émissives. Les premières sont plus particulièrement délaissées. Histoire du sujet, inhibitions, contraintes, lacunes dans l’éveil ou l’enseignement, rigidité, rationalisme, … sont autant de phénomènes qui viennent contrarier la réceptivité du sujet. Comment reproduire un rythme si l’on n'a pas ou si l’on ne se donne pas les possibilités de l’accueillir pour l’intégrer ? Comme dans toute activité ou l’homme cherche un développement, une évolution, le rythme fait appel au corps, aux sens pour recevoir et accueillir et à l’esprit pour émettre et utiliser.  
Maîtriser le rythme c’est établir un équilibre, une unité des relations entre Réceptivité et Emissivité. Le corps renseigne, nourrit et équilibre l’esprit, qui à son tour le contrôle. C’est la recherche de cette globalité, de ce tout irréductible qui mène à une solution, celle d’un être tout entier rythmique, musical.

http://psychodoc.free.fr/rythme2.gif

Par Isabelle HUILIE
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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 08:14

Vous savez probablement que les deux parties de notre cerveau ne sont pas équivalentes.

http://jlaven.com/blog/wp-content/uploads/2011/03/Left-Brain-Right-Brain-Paint.jpeg

L'hémisphère gauche est le siège des faits, de l'argumentation logique, de l'analyse, du classement, des avantages objectifs.

L'hémisphère droit est lui le siège de l'irrationnel, de l'affectif, de l'imagination.

Chacun d'entre nous à un cerveau à dominance.

 

En outre, chaque hémisphère se subdivise chacune en deux parties :

Gauche 1

Droit 1

Gauche 2

Droit 2

L'interprétation de ces catégories est la suivante :
Gauche 1 : Analyse critique, quantification, comptage, classement, inclination à décortiquer les mécanismes
Gauche 2 : Organisation, établissement des procédures, attentif à la sécurité, travail à court terme, aptitude à prévoir les actions et leurs conséquences
Droit 1 : Réaction à autrui, très expressif, émotionnel, intuitif, parle beaucoup, ressent les arguments plutôt qu'il ne les comprend
Droit 2 : Imagination, dynamisme fonceur, s'affranchit des règles et des tabous, aime prendre des risques, aime les surprises, s'intéresse aux nouveautés et a un tempérament joueur.

Par Isabelle HUILIE
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 16:55

Pascal Viossat présente dans un article un outil d'analyse e la médiation musicale qui s'intègre dans la pratique de la musicothérapie.

Apuyé par un exemple clinique, il fait un parallèle entre le cadre de la musicothérapie et celui de la relation mère-enfant.

lien pour accéder à  l'article de M. Viossat

Article paru dans Le Journal des Psychologues, n°267 (mai 2009)

 

 

L'auteur:

 

Pascal Viossat

Musicothérapeute
Formateur en musicothérapie
Musicien (instrumentiste, compositeur)

Par Isabelle HUILIE
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 17:59

 

Quelles sont les possibilités d’intervention ?

 

Les prestations peuvent être individuelles ou en groupe, dans les domaines suivants :



Musicothérapie active :Les patients entreprennent leur thérapie en jouant eux-mêmes d’un instrument de musique. Cette technique a une dimension de rééducation. Elle vise les traumatismes refoulés, les problèmes d’expression, la trisomie, l’autisme, les  pathologies psychomotriciennes ;



Musicothérapie réceptive et relaxation : La musicothérapie réceptive met le patient en contact avec des musicalités émises par le thérapeute. Elle vise les refoulements d’affect, le développement personnel, le travail analytique, la relaxation. L’objectif est d’entrer en communication avec des émotions  refoulées. La musique va aller chercher au fond du patient une émotion non exprimée afin qu'il parvienne à la verbaliser.



La musicothérapie appliquée à la natalité

Prénatal :l’objectif est de faire rentrer en contact les parents et le bébé afin de communiquer. Cette stimulation psychoaffective renforcera les liens  parentaux et aura un effet préventif à l’égard des accouchements  prématurés ;

Accouchement :la musicothérapie aide dans le travail de l’accouchement pour selon les cas le déclencher, favoriser la dilation ou aider la mère dans la gestion de sa douleur si elle décide de ne pas avoir recours à la  péridurale ;

Post-natal :l’objectif est de renforcer les liens affectifs en l’accompagnant dans  l’acquisition de ses compétences.

 

L’éveil musical :il facilite l’approche du monde de sons en centrant l’activé sur le jeu, la création et l’invention. Le jeu est un facteur essentiel de structuration de la personnalité. C’est un mode d’assimilation et de prise de conscience des événements dont la vie est tissée, ainsi qu’un atout pour dédramatiser des expériences traumatisantes, d’évacuer des angoisses, l’agressivité ;

 

 

Le massage sonore: Le massage sonore réalisé avec les diapasons thérapeutiques, la voix ou les bols tibétains, permet au corps de retrouver ses fréquences harmonieuses. Les vibrations des diapasons thérapeutiques créent des résonances à l'intérieur du corps, le stimulent et lui permettent ainsi de redécouvrir sa fréquence naturelle.

Le massage sonore permet de développer son ressenti, se relaxer profondément, synchroniser ses hémisphères cérébraux, retrouver harmonie et paix, équilibrer ses énergies, renforcer la confiance en soi...

Publié dans : Le cabinet - Par Isabelle HUILIE
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 17:56

À qui la musicothérapie s’adresse- t- elle ?

 

La musicothérapie peut être indiquée pour les pathologies suivantes : 

  •  l'autisme ;  

  • le handicap sensoriel : pour les sourds et mal entendants, pour les aveugles et mal voyants ; 

  • le handicap moteur : pour faciliter et motiver le mouvement dans le cadre de rééducation, mais aussi pour apporter du plaisir ;  

  • les dépressions et états limites ;  

  • psychoses ; 

  • démences, comme Alzheimer par exemple.

 

 

 

  La musicothérapie peut également intervenir de manière préventive. Voici les principales applications :



  • dans le domaine de la périnatalité : prénatal, accouchement, post-natal ;

  • dans le domaine relationnel : lien mère-bébé (groupes de mères avec leurs bébés) , sous forme de thérapie familiale ;

  • dans la gestion de la douleur ;

  • pour de  l'éveil sensoriel des jeunes enfants ;

  • lors de difficultés scolaires (inhibitions, hyperactivité, blocages etc.) ; 

  • pour les adultes elle peut être utilisée pour la relaxation, et le développement personnel.

 

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